Bâtiment: une reprise prudente dans un contexte incertain

Le bâtiment, porté par la construction de logements neufs, confirme ses prévisions de sortie de crise en 2026 mais reste prudent, notamment en raison des conflits au Moyen-Orient, a indiqué la Fédération française du bâtiment (FFB) mardi.

Concernant le logement neuf, elle prévoit la délivrance de 403.000 permis de construire et 308.000 mises en chantier cette année, soit une hausse de la production en volume de 11,2% par rapport à l'année précédente.

La Fédération a revu ces prévisions à la hausse par rapport à celles annoncées fin 2025 (+9,5%) après l'adoption de la loi de finances, porteuse de mesures favorables, a expliqué son président Olivier Salleron lors d'une conférence de presse.

Le budget 2026 maintient le prêt à taux zéro (PTZ), élargi en 2025, ainsi que l'enveloppe allouée à MaPrimeRénov' (3,6 milliards d'euros). Il "abaisse de 400 millions d'euros la ponction sur les bailleurs sociaux au titre de la Réduction de loyer de solidarité (RLS)" - à 900 millions contre 1,3 milliard d'euros - "et met en place le dispositif Jeanbrun", ou statut du bailleur privé, incitant à l'investissement locatif, a rappelé M. Salleron.

"En glissement annuel sur trois mois à fin janvier 2026, les ouvertures de chantier de logements continuent d'accélérer, à +24,5%. Toutefois, les autorisations ralentissent à +10,1%, du fait du collectif (+5,9%), alors que l'individuel croît toujours à un rythme d'un peu plus de 15%", a détaillé le président de la FFB.

La promotion immobilière, elle, souffre toujours, avec des ventes en baisse de 7,2% sur trois mois (-6,9% sur un an).

Le non résidentiel (commerces, bureaux, hôtellerie, bâtiments agricoles...) neuf reste aussi fragile.

Sur trois mois, à fin janvier 2026, les surfaces commencées progressent de 8,3% mais les surfaces autorisées chutent de 15,3%.

La sortie de crise pourrait être compromise par les conflits au Moyen-Orient.

La note de conjoncture trimestrielle de la FFB ne prévoit pas de dégradation générale : "On ne constate pas de réel problème d'approvisionnement en Europe, à la différence de qu'on avait connu au sortir de la phase aigüe de la Covid-19", et "les tensions concernent avant tout le pétrole et ses dérivés", moins importants pour le bâtiment que le gaz, selon M. Salleron.

Mais "deux sujets de préoccupation majeurs" demeurent: "l'impact de cette crise sur la confiance des acteurs et leurs intentions d'investir d'une part, sur l'inflation et le marché du crédit d'autre part".

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