Les taux des crédits immobiliers vont continuer d'augmenter

Emprunter de l'argent pour acheter un logement va coûter plus cher cette année et l'an prochain, affirme mardi l'Observatoire Crédit Logement/CSA, conséquence du contexte économique incertain et d'acteurs bancaires protégeant leurs marges.

"Nous sommes sur deux années en cours et à venir qui sont des années de remontée des taux des crédits", a déclaré Michel Mouillart, professeur d'économie chargé de la présentation de cette étude, lors d'une conférence de presse en ligne.

L'Observatoire Crédit Logement/CSA a mesuré un taux de crédit moyen à 3,17% en décembre 2025 (hors assurance et frais annexes), après un point bas l'an dernier à 3,06%, atteint en juin et en août.

Ce taux s'entend hors assurance et frais annexes, comme la rémunération d'un courtier par exemple.

Tous frais compris, le taux moyen pratiqué au quatrième trimestre 2025 atteint 3,85% pour une durée de vingt ans et plus, selon les dernières données disponibles de la Banque de France, soit environ 43.500 euros d'intérêts pour chaque tranche de 100.000 euros empruntés sur 20 ans.

La hausse entamée depuis la rentrée 2025 traduit "la réalité économique qui s'impose aux établissements de crédit", et qui "les a conduits à (...) rajuster les coûts des crédits (et) augmenter les taux des emprunts", a décrit M. Mouillart.

Les établissements bancaires français sont dépendants du taux d'emprunt de leur pays, puisqu'ils empruntent sur les marchés à un coût proche une partie de l'argent qu'ils prêtent ensuite aux particuliers et aux entreprises.

Or le coût de la dette française a atteint en fin d'année 2025 des niveaux historiquement élevés, plus vus depuis près de quinze ans.

Crédit à vie

La "dégradation relative de l'environnement économique" va accélérer ce phénomène dans les mois à venir, prévoit M. Mouillart, avec un taux attendu à 3,55% au quatrième trimestre 2026 (pour 3,41% de moyenne annuelle) et à 3,95% au quatrième trimestre 2027 (pour 3,60% de moyenne annuelle).

"Je crois vraiment que c'est le bon moment pour emprunter parce que ce que nous observons depuis plusieurs mois c'est que la baisse des taux du crédit immobilier qui avait été sensible s'est arrêtée", avait prévenu début janvier sur France Inter le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau.

Conséquence du pouvoir d'achat immobilier sous pression, la durée moyenne des crédits immobiliers frôle les 21 ans, une durée longue jamais enregistrée par l'Observatoire depuis sa création il y a près de vingt ans.

Cette durée (250 mois précisément) approche désormais de la limite maximale autorisée par la Banque de France et le ministère de l'Economie, fixée à 25 ans.

Si la hausse des prix de l'immobilier - mesurée à +0,8% l'an dernier selon les dernières données de la Fnaim, publiées la semaine dernière - se poursuit, deux conséquences sont à prévoir, selon M. Mouillart.

Soit la part des mensualités dans les revenus des emprunteurs va augmenter, soit "l'autre possibilité, qui est à craindre, c'est la réduction" du nombre d'emprunteurs.

"Le marché du crédit demeure difficilement accessible pour une grande partie des ménages", écrivait mercredi dernier la Fnaim, constatant un "accès au financement (...) majoritairement réservé aux ménages les plus aisés".

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