Pour l'année écoulée, le groupe a fait état d'une baisse de 12,6% de son bénéfice net par rapport à l'année précédente, à 617 millions de francs suisses (643 millions d'euros), indique-t-il dans un communiqué. Les analystes interrogés par l'agence suisse AWP l'attendaient en moyenne à 630 millions de francs.
Le groupe qui fabrique des douches, toilettes et vasques pour salle de bain attribue ce repli à une base de comparaison élevée compte tenu d'un effet fiscal favorable l'année précédente.
Geberit avait déjà publié son chiffre d'affaires mi-janvier. En 2023, ses ventes se sont contractées de 4,8% hors effets de changes et de 9,1% une fois converties en franc compte tenu de la force de la monnaie suisse.
L'année a été "extrêmement difficile", a reconnu le groupe dans le communiqué en raison du déclin "significatif" des volumes de ventes dans le secteur du bâtiment et le déplacement de la demande vers les solutions de chauffage. Il est toutefois parvenu à gagner des parts de marchés, a-t-il souligné.
Le groupe avait bénéficié d'une forte demande dans la rénovation pendant les confinements mais observe désormais un déplacement de la demande vers d'autres équipements comme les pompes à chaleur, au détriment de ses produits, avec l'envolée des factures de chauffage l'an passé après l'invasion de l'Ukraine et les mesures d'incitation à la rénovation thermique.
Le groupe souligne que la pression sur les coûts salariaux s'est accrue.
Geberit, qui équipe aussi bien des maisons individuelles que des bâtiments publics comme les stades, aéroports, hôpitaux, bibliothèques ou musées, note cependant que les chaînes d'approvisionnement se sont quelque peu améliorées.
Les prix de l'énergie ont également reculé, ajoute le groupe qui avait vu sa facture énergétique s'envoler en 2022.
Pessimisme pour les nouvelles constructions
Comme lors de la publication de son chiffre d'affaires en janvier, Geberit s'est de nouveau montré pessimiste pour les nouvelles constructions en 2024, en particulier en Europe du Nord et en Allemagne, son plus gros marché. Il compte cependant sur la demande dans la rénovation, précise-t-il dans le communiqué, sans fournir d'objectifs chiffrés pour 2024.
Le fait que Geberit s'attende à un marché "mitigé" pour 2024 n'est "pas une surprise", a réagi Bernd Pomrehn, analyste chez Vontobel, dans un commentaire boursier, qui relève toutefois que le groupe vise toujours "des gains de parts de marchés dans un marché déclinant".
Mais le groupe n'a toujours pas donné de prévisions chiffrées, a pour sa part souligné Emrah Basic, analyste chez Baader Helvea, qui s'attend à ce que les ventes du groupe stagne en 2024.
Dans les premiers échanges, le titre perd 3,98% à 516,20 francs suisses, à contre-tendance du SMI, l'indice de référence de la Bourse suisse, en hausse de 0,53%.
Au titre de 2023, le groupe compte augmenter son dividende de 0,8% à 12,70 francs suisses par action.
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