Une étape fondamentale pour y parvenir consiste à optimiser la qualité de l'air intérieur d'un bâtiment. Cela peut sembler simple, mais dans la pratique, le succès d'une stratégie d'assainissement de l'air dépend de quelques actions interdépendantes.
Se tenir au courant des réglementations et des directives
L'ampleur de la pandémie mondiale a entraîné un large éventail de réponses de la part des gouvernements, des ONG et des organisations industrielles sur la meilleure façon d'améliorer l'environnement des bâtiments. Le volume d'informations peut sembler écrasant, mais tout se résume à cinq actions clés :
- Contrôler l'infrastructure de l'air d'un bâtiment pour identifier ses forces et ses faiblesses.
- Utiliser des outils tels que les mesures de la QAI, la filtration de l'air, les stations d'imagerie thermique, le contrôle d'accès, la recherche des contacts, la détection des masques et le comptage des personnes, pour identifier les points d'exposition potentiels.
- Maintenir les paramètres opérationnels, notamment la température, l'humidité, la ventilation et le nombre de particules, dans des plages optimales.
- Mettre les bonnes données à la disposition des bonnes personnes, au bon moment, grâce à des tableaux de bord opérationnels avancés.
- Utiliser une combinaison d'analyses sur site et en nuage pour surveiller les résultats en temps réel.
Appliquées de manière cohérente, ces mesures permettront d'atteindre les meilleures normes possibles en matière de sécurité des occupants d'un bâtiment. Pour obtenir les résultats idéaux, il faut se concentrer sur l'optimisation du système de chauffage, de ventilation et de climatisation (CVC) d'un bâtiment. La mise en œuvre d'une approche à plusieurs niveaux visant à améliorer la qualité de l'air contribuera à fournir le meilleur niveau de protection globale.
Échange d'air optimal
Pour ventiler de petits espaces, comme nos maisons, il suffit parfois d'ouvrir une fenêtre. Pour les bâtiments commerciaux, une ventilation efficace nécessite un équilibre délicat entre l'apport d'air oxygéné de l'extérieur et l'évacuation de l'air vicié, chargé de particules, de composés organiques volatils (COV) et de gaz. L'utilisation de capteurs de qualité de l'air intérieur est un moyen efficace de contrôler la présence d'une série de polluants et la dernière génération de capteurs permet aux propriétaires de bâtiments d'équiper stratégiquement leurs bâtiments sans engager de dépenses importantes.
Ces capteurs peuvent être utilisés pour contribuer à créer un environnement plus sain et constituent un outil précieux pour améliorer la satisfaction globale des occupants. Une enquête menée par la British Engineering Services Association (BESA) a révélé que 70 % des travailleurs estiment que la mauvaise qualité de l'air dans leur bureau a un effet négatif sur leur productivité et leur bien-être.
Outre la gestion du taux de ventilation, l'utilisation de technologies de filtration et de nettoyage de l'air est importante pour améliorer la santé des bâtiments. L'une des dernières innovations en matière de qualité de l'air est l'utilisation de purificateurs d'air électroniques, qui utilisent une charge électrique pour aider à éliminer les impuretés solides et liquides de l'air sans entraver le flux d'air. Les purificateurs d'air électroniques peuvent être associés à un système UV qui émet une lumière ultraviolette pour endommager la structure de l'ADN de certains microbes au niveau cellulaire et inactiver divers organismes viraux, bactériens et fongiques - ce qui permet de filtrer et de désinfecter en un seul système.
Prise en compte de la température et de l'humidité
La qualité de l'air ne se limite pas à la pureté de l'air, mais comprend également des facteurs tels que sa température et son humidité relative. Dans la plupart des cas, la fourchette optimale d'humidité se situe autour de 40-60 %, car c'est là que la communication des agents pathogènes est la plus faible. En revanche, une humidité excessive favorise la prolifération des acariens et des champignons, qui sont connus pour exacerber les affections respiratoires et les allergies.
La gestion de la température de l'air intérieur est un exercice d'équilibre plus complexe. Des études montrent que le taux de survie de Covid-19 diminue à mesure que les températures augmentent. Cependant, des températures plus élevées ont un impact sur le confort des occupants et les niveaux d'humidité. Faire fonctionner un système de gestion des bâtiments de la manière la plus efficace et la plus efficiente possible exige un équilibre entre confort et sécurité.
Solutions de superposition
Il faut donc adopter une approche à plusieurs niveaux. Il n'existe pas de solution unique pour améliorer la qualité de l'air intérieur - il s'agit de combiner plusieurs facteurs pour contribuer à améliorer la qualité de l'air intérieur. Il ne s'agit pas forcément d'un processus compliqué consistant à arracher l'ancien équipement et à repartir de zéro. Il peut s'agir d'une simple mise à niveau du système CVC, avec des modifications ou l'ajout de solutions spécifiques qui répondent aux préoccupations et minimisent les effets secondaires potentiels. Un système de gestion du bâtiment (BMS) bien configuré et une technologie de détection alliée à une solution de données connectées peuvent donner aux opérateurs du bâtiment les informations et le contrôle nécessaires pour créer un environnement bâti plus propre et plus sain.
Lionel Caillat, General Manager Connected Building, Europe, Middle East & Africa d’Honeywell