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Précarité énergétique : une journée nationale de lutte, en pleine crise

Institutionnels

Une résonance plus forte que jamais: alors que les prix de l'énergie ont flambé cette année, la "journée contre la précarité énergétique" revient jeudi dans un contexte critique, un an après sa première édition et alors que les associations craignent une explosion du nombre de foyers privés de chauffage.

"Cette deuxième édition intervient dans un contexte social et politique particulier du fait de la crise énergétique sans précédent que nous vivons depuis une bonne année et qui soulève de grandes inquiétudes pour les personnes vulnérables qui ne pourront pas faire face à l'augmentation des prix de l'énergie, ceux qui à cause de cette inflation risquent de basculer dans la pauvreté", a expliqué à la presse Hélène Denise, chargée de plaidoyer à la fondation Abbé Pierre.

La fondation du lanceur d'alerte de l'hiver 54 est à l'initiative de cette manifestation, cofinancée par 25 partenaires très divers, des associations de lutte contre l'exclusion aux associations de lutte contre le dérèglement climatique, en passant par des collectivités et des organismes impliqués dans la rénovation énergétique.

Cette année, plus de 120 événements sont organisés partout en France, à la fois en métropole et dans les outre-mer, autour du 24 novembre, dont la liste est publiée sur le site journee-precarite-energetique.fr.

L'"événement phare" de cette édition, une nouveauté, sera le colloque national de la lutte contre la précarité énergétique qui aura lieu la veille, le 23 novembre à Paris : "ce jour-là, on aura toute une journée dédiée à des tables rondes sur les prix de l'énergie, les obligations de rénovation, l'accompagnement, avec un panel d'experts, de personnalités politiques", et notamment le ministre du Logement Olivier Klein, a indiqué Mme Denise.

Avant la crise énergétique, quelque 20% des ménages en France, soit environ 12 millions de personnes, étaient déjà affectés par ce fléau.

Si les organisateurs ne disposent pas de données permettant de savoir à quel point la crise énergétique a accentué le phénomène, "on a quelques indicateurs qui nous montrent quand même que la situation s'est tendue", a déclaré à la presse Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre.

"En 2021, 22% des foyers contre 14% en 2020 déclarent avoir souffert du froid pendant au moins 24 heures dans leur logement, plus d'un tiers déclarent que la raison est financière", a-t-il indiqué.

Une étude menée il y a quelques années par la fondation a mis en évidence que "le fait d'être en précarité énergétique provoquait une sensibilité très forte à des pathologies hivernales, mais aussi à des problèmes de santé chroniques", notamment respiratoires, ostéoarticulaires, neurologiques et favorisaient des dépressions, a rappelé M. Robert.

© 2022AFP