L'extrême droite accentue la crise du logement, alerte un rapport associatif

Les gouvernements d'extrême droite en Europe ont accentué la crise du logement dans leur pays, en particulier pour les populations les plus vulnérables, a alerté jeudi la Fondation pour le logement, craignant une aggravation de ces difficultés avec les échéances électorales à venir.

"L'extrême droite entraîne un recul des politiques sociales et est loin de trouver des solutions à la crise du logement", selon le rapport de l'association présenté jeudi lors d'une conférence de presse.

Son constat s'appuie sur les données recensées dans les pays européens dirigés ces dernières années par des chefs de gouvernement issus de partis d'extrême droite, comme l'Italie, la Hongrie et la République tchèque, ou encore des nations où l'extrême droite est membre du gouvernement, comme la Finlande et la Slovaquie.

"Bien que certains partis aient expressément évoqué la crise du logement comme un argument de campagne, aucun d'entre eux ne s'est engagé dans la mise en oeuvre de politiques volontaristes pour le logement", constate la Fondation.

Alors que les prix du logement ont augmenté "de 60% dans l'Union européenne depuis 2015", les gouvernements d'extrême droite développent une approche du logement fondée sur "la préférence nationale et un discours de stigmatisation", souligne l'association.

Dans la Hongrie du nationaliste Viktor Orban, battu la semaine dernière aux législatives, le rapport évoque une tendance à criminaliser la pauvreté et le sans-abrisme.

"Le logement est une question existentielle, si vous n'avez pas de toit, vous n'aurez pas d'emploi, ni d'accès au système de santé", a jugé Benedetta Scuderi, eurodéputée italienne du groupe Les Verts, qui accuse l'extrême droite de "protéger les intérêts d'une poignée de personnes tout en mettant en danger énormément de vies vulnérables".

"Il faut plus de logements sociaux, plus de logements publics, plus d'aides aux personnes qui ne peuvent pas se permettre de payer un loyer", a-t-elle ajouté.

En Italie, le gouvernement de Giorgia Meloni a coupé plus de 2 milliards d'euros dans des programmes de renouvellement urbain, rappelle le rapport.

"Les années 2026 et 2027 s'annoncent décisives, avec plusieurs scrutins majeurs", observe la Fondation.

En France, "le Rassemblement national a soutenu activement la proposition de loi Kasbarian-Bergé visant à durcir la législation pénale à l'encontre des squatteurs et à réduire considérablement les droits des locataires en situation d'impayés", souligne-t-elle. "Les personnes en difficulté, qu'elles occupent des bâtiments vides, ou qu'elles se maintiennent dans le logement malgré des impayés, sont présentées comme des délinquants."

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